Les aventures du comte Juan Olaf Van Der Bilout, explorateur et naturaliste et ses découvertes incroyables: Animaux fantastiques, personnages étranges, peuples insolites...
Voici les quelques mots que mon grand père écrivit à la va-vite à son arrivé en Orient :
Ma petite chérie,
Quel dommage que vous ne puissiez voir ce que je vois au délà des brumes du fleuve Mékong! Ô ma douceur, est-il possible que le temps puisse un jour effacer un tel émerveillement? Je le vois, là, devant moi, celui que j'étais venu chercher. Mes habits adhèrent à mon corps comme une seconde peau, lourde et humide. Et à travers la sueur qui mouille mon visage, je crois bien qu'il y a des larmes...
Votre Juan Olaf
Cette carte date du 23 décembre 1937 et a dû par conséquent se perdre pendant de longs mois avant de partir enfin de Dai Ngai en Cochinchine pour le centre de la France. Ces quelques phrases nous donnent une indication sur la fièvre exploratrice qui traversait le comte Van Der Bilout mais pas sur l'objet de cette fièvre: la quête hypothètique des traces des légendaires dragons d'Asie...
Bien sûr, il y avait cet article du Progrès [date inconnue] ainsi que certains fossiles, et autres reliques conservés religieusement à l'Institut Océanographique de Nha-Trang, mais aucune preuve tangible de l'existence de ces fameux dragons...encore moins de témoignages fiables et récents.
Il fallait pour mon grand père infirmer ou confirmer de manière scientifique et définitive que toutes ces légendes pouvaient être le fruit de la réalité.
Fossile de bébé dragon (origine inconnue)
Or, dans une lettre datée du 14 Octobre 1937, mon grand père écrit :
[...] Je longeai donc les eaux grises du Mé-kong lorsqu’il me sembla percevoir comme un frôlement à la surface de l’eau. Je me tournai dans cette direction et ne put d’abord croire ce que je voyais. Je fermai les yeux, me frottai le visage, me tapotai les joues puis rouvris les paupières pour vérifier qu’il était toujours là. Je dus bien admettre alors que mes sens ne se jouaient pas de moi. Non, ma toute belle, il était bien là, devant moi, le dragon Lung, son corps de serpent dansant et ondulant sur les flots comme une sirène. Nous étions à l’heure où le soleil couchant n’illumine pas encore le ciel de couleurs de feu. Non, à cet instant, le ciel et le fleuve se confondaient l’un et l’autre dans une brume grise et opaque. Et le long corps rouge-sang se détachait sur le brouillard comme une flamme. Quelle merveille ! Quelle extraordinaire créature ! Voyez-vous, après pourtant de nombreux voyages, je m’émerveille encore de ce que la nature nous réserve... [...]
Alors bien sûr, vous allez me dire que tout ça ne fait pas des preuves tangibles et irréfutables. Et vous avez raison...