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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 21:59
Petit détour (et retour) en Asie du Sud Est et plus exactement sur l'île de Madura où (vous le savez) mon grand père a séjourné lors de son expédition à la recherche du dragon d'Indochine.
J'ai été longtemps intrigué par cette photo de cimetière peuplé de bêtes étranges. Ce sont en fait des dholes, un genre de chien sauvage d'Asie mais qui ressemble d'avantage au loup ou au lycaon.


En restaurant un tête empaillée de ce fameux animal et dont je vous donnerai très bientôt des informations complètes, j'ai découvert un petit papier manuscrit  collé près de l'encolure. Je reporte telle quelle l'histoire contée par mon pépé dans son style toujours si ... ampoulé :

 "Quelle désespérance que le sort des dholes de Bangkalan ! Et quelle ignorance que de croire que ces magnifiques chiens roux puissent être des charognards. Car c'est bien le prétexte fallacieux qu'on utilisa pour décider leur extermination. Alors que seulement certains mâles souffraient d'halitose chronique aiguë. Décidemment la bêtise humaine est universelle."





PS: Message personnel à Rose C. : pour le titre j'ai fait mon maximum... je sais c'est pas terrible mais "l'important c'est de participer"
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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 19:11
Tout d'abord un passage d'une lettre de mon pépé sur une de ses plus belles découvertes (à mes yeux ): le barong.


Bali - au pied du Gunug Agung
18 Janvier 1938

Aujourd'hui, j'arpentai le marché de Pura Besakhi lorsqu'un vieux marchand me fit signe de m'approcher. Son étal débordait d'objets hétéroclites parmi lesquels je devinai autant de richesses que de babioles sans valeur. Il faut croire que me présence au village n'est pas passée inaperçue car le vieil homme savait que j'étais à la recherche de tout ce qui pourrait m'éclairer sur les mystères de Bali. Il prit un air énigmatique et, posant un doigt sur ses lèvres, me dit de l'attendre quelques minutes. Lorsqu'il revint, il tenait dans ses bras la tête énorme d'un animal que je ne reconnus pas. « « C'est un barong ! » me dit-il, « tué par Rangda ! C'est une grande tristesse que sa mort ! » Bien entendu, je connais le duel du Barong avec la sorcière Rangda. Mais il ne s'agit là que d'une légende et les êtres de légende ne sont pas censés exister ! Pourtant, sa tête est là, devant moi, telle que le vieil homme me la vendit aujourd'hui. Je l'ai tournée dans tous les sens, lui ai fait subir quelques tests rudimentaires et la science a parlé : j'ai en ma possession une «authentique » tête de Barong !
N'y aurait-il pas parfois une énergie supérieure aux forces terrestres qui engendrerait des modifications de la nature à certains endroits du globe ? On peut en tout cas se le demander...

Votre Juan Olaf



 


 


 


 


 






 


 

 


 


Pour la première fois, je découvre dans cette lettre autre chose que des messages d'amour...Et effectivement quand on y réfléchit bien, il est tout de même étrange même dans les années 30 que mon grand père découvre autant de spécimens rares voire inconnus. J'avoue être troublé par l'extrême étrangeté de certaines têtes empaillées.

Je mène donc l'enquête en me remémorant certains propos étrange tenus par l'entourage de pépé.


 


 

PS: 2 beaux spécimens de masques balinais ici

 

 


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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 21:14
Pour la neuvième étape du voyage de mon pépé en Asie du Sud, à savoir Sumatra, je ne résiste pas au plaisir de vous proposer (une fois n'est pas coutume) une recette locale que ma mémé nous faisait certains dimanches quand nous venions lui rendre visite. Comme elle pouvait être espiègle parfois, j'ai cru jusqu'à l'âge de onze ans que nous mangions du " Carugong Rendang", elle nous expliquais à mes soeurs et moi que le curagong étaient un horrible monstre à dents acérées et qu'il fallait le cuire longtemps dans le lait de coco pour attendrir  sa chair mais aussi pour calmer sa colère. Voici la recette de ma grand mère:



LE CARUGONG RENDANG

Pour 4 à 6 personnes

1 kg de carugong bien méchant
800 ml de lait de coco
200 ml de bouillon de buffle
1 cuill. à soupe de sucre brun
1 tige de citronnelle hachée fin (seulement le bulbe)
3 gros oignons hachés fin
3 cuill. à soupe d'huile
4 feuilles de combava coupées en lamelles
2 cuill. à soupe d'eau de tamarin
1 cuill. à café de sel
5 cm de racine de gingembre râpé
5 cm de galanga frais, pelé et râpé
1 cuill. à café de grains de poivre noir grossièrement écrasés
4 gousses de cardamome broyées
4 piments rouges épépinés et hachés
1 cuill. à café de curcuma
1/2 cuill. à café de piment pilé
6 gousses d'ail hachées 3 anis étoilés
1 gros bâtonnet de cannelle

Commencez par faire cuire le carugong à l'eau avec sel, quelques grains de poivre, un oignon. Quand l'eau bout, baissez le feu, enlevez l'écume rougeâtre qui se forme (c'est la colère du carugong qui se manifeste, il faut bien enlever l'écume pour faire partir l'amertume). Quand il n'y a plus d'écume, laissez cuire couvert à tous petits bouillons pendant plusieurs heures pour que les sucs de la viande passent bien dans le bouillon. Une fois cuit, découpez le carugong en cubes et réservez, passez le bouillon au chinois.

Dans un pilon, broyez grossièrement le sel, le curcuma, le piment, l'ail, le gingembre, le galanga, les grains de poivre et la cardamome. Ajoutez la citronnelle et les oignons, puis malaxer jusqu'à obtention d'une pâte sèche. Incorporez l'eau de tamarin, mélangez encore. La pâte doit être homogène.

Faites chauffer l'huile dans une cocotte et versez-y la pâte épicée, faites-la revenir 2 à 3 minutes en tournant constamment.
Ajoutez ensuite le carugong avec tous les ingrédients restants et portez lentement à ébullition sans cesser de tourner.
Réduisez le feu, laissez mijoter à demi-couvert pendant encore quelques d'heures à feu très doux en tournant de temps en temps. La sauce doit réduire et épaissir, et le goût des nombreuses épices doit se fondre harmonieusement. Servir avec du riz.


Evidemment si vous n'avez pas de Carugong sous la main, prenez du boeuf, ça fera très bien l'affaire...


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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 15:14
Mieux qu'un long discours, une lettre de mon grand-père illustrée par un trophée d'ours malais:



Bornéo - près du fleuve Lemanak
25 novembre 1937

Mon coeur,


Mon périple n'en finit pas... Vous devez vous languir de me retrouver et je vous avoue que vous me manquez aussi, ma petite femme tant aimée. Vous déciderez vous un jour à m'accompagner aux confins des continents lointains ? Je connais vos arguments ( et votre caractère déterminé ! ) mais je vous en prie, réfléchissez encore et pensez combien je serais heureux de ne plus devoir choisir entre la douceur de vos bras et l appel de nouvelles découvertes ...


Je suis depuis dix jours sur l'île de Bornéo, au milieu de la plus ancienne forêt primaire du monde, logé dans une tribu indigène. Quelle fierté que de savoir que je poursuis là une longue tradition naturaliste et que je marche dans les pas de mes confrères disparus ! Sans me vanter, ma chérie, je crois bien que mon séjour dans la jungle va faire avancer de plusieurs bons l'anthropologie sur l'Asie. Vous savez combien ma soif de connaissance est sans limite et que je ne recule devant rien pour faire de nouvelles expériences. Hé bien sachez que j'ai eu un peu peur cette fois et que voici quelques heures, je crus bien perdre la tête.


N'y voyez là aucune allusion sordide aux coupeurs de tête que vous redoutiez tant avant mon départ. Ceux-ci ont déposé leurs armes voici bientôt dix ans et seuls les crânes noircis qui ornent les piliers de la maison rappellent encore cette coutume extrême. Vous voilà, je l‘espère, rassurée sur ce point et si je vous dis que je faillis perdre la tête, entendez que je ne fus pas loin de la démence. Si ! Votre mari adoré, d'habitude si sage et toujours si réfléchi est passé à quelques pas de la folie !


Hier, alors que l'après midi était bien avancé, la tribu qui m'accueille voulu m'offrir une petite fête. Nous commençâmes par tous nous réunir en cercle : les familles au complet, le sorcier et le chef. L'assemblée était fort joyeuse et l'effervescence s'accrût encore lorsque les femmes apportèrent le repas qu'elles avaient préparé. Je ne saurais vous dire ce qui composait ce diner et serais bien en mal de vous en écrire la recette. Mon palet averti distingua la crevette, le gingembre et le lait de coco mais ne put identifier les richesses que les femmes indigènes y avaient ajoutées. Le sorcier, qui parle un mélange complexe de malais, d'iban et d'anglais auquel il ajoute quelques mots de notre langue, m'expliqua qu'il s'agissait là d'un plat traditionnel très apprécié des voyageurs étrangers. En revanche, les petits champignons séchés que l'on me servit en accompagnement constituent une particularité locale, une liberté prise quant à la recette originale.


Quel délice, ma chérie ! Quel bonheur de goûter ces saveurs au fin fond du monde ! Seul un petit incident troubla un instant notre festin : le plat de champignons avait disparu et selon le chef de la tribu, avait sans aucun doute été subtilisé par l'un des ours bruns qui rôdent aux alentours. Je dois dire que nous n'attachâmes pas grande importance à cet épisode et finirent notre festin de bon cœur.


Au dîner succéda un spectacle coloré, durant lequel chacun des membres de la tribu défila devant moi pour m'offrir une danse ou une chanson. Si au début je goûtai avec beaucoup de plaisir tant de générosité, je sombrai peu à peu dans la confusion. Les tatouages qui couvraient le corps des hommes me semblèrent prendre vie sur leur peau et à un moment, je crus même qu'un animal tatoué chantait. Loin de m'étonner pourtant qu'une telle chose fût possible, je me fis la remarque qu'il avait une fort belle voix et un ton toujours juste.
Mes sensations m'échappaient et mes sens me semblaient doués d'une puissance illimitée et de nouvelles capacités : les parfums étaient colorés, les sons sentaient bons, les visages de mes hôtes avaient des yeux immenses où je voyais toute la mer de Chine, leurs bouches m'offraient des sourires si larges qu'ils débordaient de leur visage, et n'y eut-il pas eu les arbres autour de nous que j'aurais sans aucun doute pu vous voir, au-delà de
l'horizon. Quelle expérience ! C'était à la fois extraordinaire et inquiétant.


Le spectacle achevé, alors que le soleil allait bientôt se coucher, les hommes proposèrent une promenade dans la forêt. Ils me dirent que c'était l'heure idéale pour aller voir s'ouvrir la fleur de rafflésia et que je n'en croirai pas mes yeux. Je pensai l'espace d'un instant qu'il serait sans doute difficile de m'étonner plus encore que le tatouage chanteur mais n'en dis rien à mes hôtes et leur emboitai le pas. Sitôt dans la forêt, j'eus l'impression que nous étions suivis. Je scrutai le rideau d'arbres et distinguai à quelques pas de moi seulement, un bel ours d'un brun profond qui portait autour du cou un croissant de fourrure dorée. Etait-ce là notre voleur de champignons ? Quelque chose me sembla étrange chez lui mais aujourd'hui encore, je ne saurais vous dire si c'était un détail particulier dans son regard - comme l'éclair fugace d'une humaine connivence - ou bien l'expression générale de son visage - comme un sourire béat plaqué sur ses babines...


Nous marchâmes quelques minutes au cœur de la jungle, des minutes hors du temps et hors de la réalité, durant lesquelles les couleurs, les parfums et les sons se mêlèrent pour moi en une explosive luxuriance. Quand nous attînmes notre but, je me trouvai face à l'une des choses les plus étonnantes sans doute que la flore tout entière ait fait naître : une fleur aux proportions de géant qui semblait être en tous points excessive, exhibant avec indécence sa chaire rouge aux derniers rayons du jour. Pardonnez moi cette audace, ma petite femme chérie, mais je dois vous avouer qu'il n'y a que dans vos draps que j'avais vu une sensualité si débordante... La comparaison me traversa d'ailleurs l'esprit et je ne dus qu'à la pénombre d'échapper à la honte de montrer le rouge coupable qui avait envahi mes joues. - Mon dieu, ma chérie, ces mots ne vous brûlent-ils pas les yeux ? - Il faut croire que je ne fus pas le seul à être ainsi troublé car l'ours, qui s'était finalement approché plus qu'il ne l'aurait sans doute fait d'habitude, commença à onduler de l'arrière train en tournant autour de nous. Des frissons l'envahirent, formant comme des vagues sous sa fourrure épaisse. Il se dressa sur ses pattes et poussa un grondement puissant et désespéré. Et là, au cœur de la forêt primaire, triste épilogue à notre soirée de fête, l'ours, victime sans soute d'un désir foudroyant, s'effondra sous nos yeux incrédules.


Hé bien, vous voilà au fait de ma dernière aventure. Croyez bien que je me demande encore ce soir ce qui a bien pu troubler mes sens de cette façon. Je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement entre mon état et celui de l'ours défunt. Se pourrait-il que les champignons qui accompagnaient notre dîner en aient été la cause ? Il faudra que j' interroge le sorcier à ce sujet !


Je vous conterai la suite de cette aventure dans ma prochaine lettre, je vous le promets. En attendant, je vous envoie les baisers les plus enflammés qui puissent être et les dépose à distance sur vos lèvres...


Votre Juan Olaf


[voir le premier chapitre]

A titre d'information:
Rafflesia est la fleur la plus grande du monde végétal encore de nos jours. [voir des infos]
Vous verrez bientôt sur ce même blog un article sur Helarctos malayanus alias l'ours malais.




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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 14:08
Comme semble l'indiquer les numéros en tête de chaque titre d'article, vous croyez suivre chronologiquement le parcours du Comte Van Der Bilout dans son expédition en Asie du Sud Est.
J'aimerais le croire aussi...pourtant une nouvelle énigme préoccupe mon esprit cartésien et avide de vérité sur la vie de mon célèbre pépé à moi.
Entre le 21 octobre 1937, date du départ de Saïgon pour Bornéo et 15 novembre 1937 la date d'arrivée sur cette île (information d'une lettre de pépé à ma mémé), on compte 25 jours...Et en 25 jours on doit en faire des choses quand on est un jeune et impétueux explorateur ! Malheureusement, je n'ai pour l'instant aucune information à ma disposition... mais quelques hypothèses:

Hypothèse n°1:
Il s'est rendu dans l'extrême sud du Siam voir les dauphins d'eau douce Irrawaddy ( en taï
โลมาอิรวดี (Orcaella brevirostris)) dans le lac salé de Songhkla.  (ci contre une vieille photo de cet étrange animal)(...)


Hypothèse n°2 :
Il est parti à la chasse (tout le monde sait que son fusil était faux, hi hi !! ) au sanglier à moustache (Sus barbatus barbatus) dont voici ci-contre une petite illustration de 1839 par Sir Temminck.




Hypothèse n°3 :
Il a simplement fait un peu de tourisme à  சிங்கப்பூர்  (Singapour ) et pourquoi pas trouvé quelques petites merveilles insolites (ci contre la rivière Singapour ).




[chapitre 8]
[voir le premier chapitre]

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 09:55
Au marché
Bien que mon grand père ne soit pas un champion de l'organisation et du rangement (il suffit de voir le capharnaüm dans le hangar d'où je sors toutes ces merveilles...), j'arrive petit à petit à retracer son parcours au fin fond de l'Asie. Sauf à cette période précise...
Vous imaginez surement à quel point les déplacements étaient longs dans les années 30, et le simple fait de revenir de Birmanie (cf article précédent ... ) vers la Cochinchine a du prendre au moins une semaine, et c'est d'ailleurs le temps maximum qu'il a du utiliser afin de respecter son timing d'exploration.
Cependant, lorsque j'ai vu cette image de mon pépé (toujours aussi à l'aise à dos de bête !!!) chevauchant un Chameau Rieur de Tartarie avec pour décor la muraille de Chine (située à plusieurs milliers de kilomètres de la frontière avec le Siam), j'ai été particulièrement troublé; il lui était impossible de se rendre vers la célèbre muraille et de revenir dans un laps de temps aussi court. Pourtant dans une de ses notes il situe la date de collectage de la tête de Chameau Rieur de Tartarie à 1937... Le mystère reste entier... Un article particulier sur cet animal étrange est en cours de préparation et permettra peut être d'élucider ce mystère.


Chameau rieur de Tartarie

Chapitre7

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 17:11
„Eigentlich war Wilhelm Conrad Röntgen mehr als ein Lehrer für mich. Am Ende seines Lebens, nachdem seine Frau gestorben war, war er ein depressiver Mann geworden und unsere langen Gespräche über die neuesten Erfindungen der Physik waren für ihn eine Entspannung". [...]

(Pour les germanophones voici l'article original du Spiegel datant du 28 juin 1950 (ici) et pour les autres la traduction ci dessous :

« En fait, Wilhelm Conrad Röntgen fut plus qu’un professeur pour moi. A la fin de sa vie, après la mort de sa femme, il était devenu un homme dépressif et nos longues discussions sur les toutes nouvelles découvertes de la physique étaient pour lui des moments de détente. Plusieurs fois, je lui avais fait part de mon intérêt pour les sciences naturelles et mon admiration pour Alexander von Humboldt. Röntgen, qui dans ces moments là aimait bien plaisanter, me dit un jour: « vous savez, mon cher Oskar, j’ai une bonne idée pour vous, une idée qui allierait la physique aux sciences naturelles: le monstre du Loch Ness a certainement besoin d’une bonne radiographie! » Quelques années plus tard, lorsque le tourisme commença à se développer, le peuple Padaung se fit connaître à travers divers campagnes de publicités. Les femmes de cette ethnie étaient représentées sur les affiches comme  des „femmes girafes“. C’était une chance pour moi! Je décidai d’étudier ce phénomène et partis pour la Birmanie.Durant mon séjour, je rencontrai un français bien original: le comte Juan Olaf Van Der Bilout. Juan Olaf était un extraordinaire naturaliste et un explorateur unique en son genre. Nous parlions pendant des heures de la fabuleuse richesse de notre terre. A 35 ans, cet homme avait déjà fait de nombreuses explorations et ses récits étaient réellement passionnants! En ce qui concerne les femmes-au-long-cou, il prétendait que les anneaux de laiton nous trompaient: selon lui, les femmes Padaung pouvaient tout à fait vivre sans leurs anneaux de métal. C’était à l’époque une thèse révolutionnaire car nous croyions encore que ces tours de cou jouaient un rôle essentiel. Je décidai donc de radiographier l’une de ces femmes (j’avais apporté mon matériel avec moi – j’étais à l’époque en Exil à Londres). Le résultat m’étonne encore aujourd’hui! Juan Olaf Van Der Bilout avait raison! Il avait trouvé cela sans l’aide de la science ni des rayons X: il l’avait seulement deviné, grâce à son observation éclairée des hommes.... »

C'est en lisant cet article soigneusement découpé et conservé dans les archives de mon grand père que j'ai découvert la destination de l'étape numéro 2 (voir la carte ici) de son périble en Asie. En fouillant d'avantage j'ai trouvé dans quelques unes de ses notes sa théorie sur le secret des femmes padaungs.
Juan Olaf avait bien conscience qu' étirer les cous des femmes aurait été un supplice mais aussi qu'enlever ne serait-ce qu'un anneau aurait provoqué leur mort instantannée par rupture de la moëlle épinière. Or son sens aigü de l'observation lui avait permi de constater que ces femmes gardaient (malgrè la chaleur et la moiteur du climat ) une  " hygiène cervicale " irréprochable (il suffit de porter un platre quelques jours en plein été pour comprendre...) et donc posaient régulièrement leurs anneaux sans qu'lles n'éprouvent aucune souffrance.
Cette théorie permit au professeur Kerl d'explorer d'autres pistes et découvrir bien avant tout le monde la vérité: les anneaux poussent  les côtes vers le bas créant l'illusion que le cou est allongé. Cette pression sur les cotes se fait pendant toute la croissance et est sans conséquence sur la vie des jeunes femmes.

Chapitre 6
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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 21:10
A tort ou à raison, mon grand père a eu droit à un accueil donné habituellement aux plus grands scientifiques européens. Ce qui a grandement facilité ces errements dans l'Indochine profonde et jusqu'à la frontière birmane (à l'époque province  de l'Inde britannique). Voici quelques photos qui vous permettront de découvrir  un peu les lieux fréquentés par mon grand père vers fin de l'année 1937.

Centre océanographique de Nha TrangCi dessus, l'institut océanographique de Nha Trang dans lequel le comte a pu réaliser quelques unes de ses recherches sur le dragon lung (cf. : chapitres 2 et 3)
Ci dessous, une photo des scientifiques et étudiants de l'institut avec mon grand père au centre dans son costume du dimanche (2eme rang 5ème en partant de la droite), le docteur Thinh Thanh à sa gauche (l'auteur de l'article (ici) et le professeur Lancaster.
Quelques membres du centre océanographique

Voici une des rares images de mon pépé dans l'exercice de son travail; du moins c'est l'impression qu'il donne.... Là par contre ne me demandez pas ce qu'il peut bien mesurer les pieds dans l'eau j'en suis bien incapable...)
Quelques prises de mesures
Pour finir cet article, je ne peux résister au plaisir de vous montrer cette étrange carte postale en provenance de Ben Tré ( Cochinchine) où pose avec élégance (alors qu'il est connu de notoriété publique que les Van Der Bilout sont de très piètres cavaliers ...) un personnage bien connu... Je ne connais pas l'identité du vieil homme à ses cotés, par contre les drôles de montures qui sont évoqués feront l'objet d'un prochaine article dans la catégorie "animaux fantastiques").
Sur un buffle

Ce qui est formidable avec Juan Olaf, c'est qu'il avait une capacité à se fondre dans le paysage qu'on en finit par oublier son physique de déménageur occidental qui a mal aux  fesses sur un animal sans selle...
Pour l'anecdote, il ne se déplaçait  jamais à dos de bête, argumentant sur la différence de poids entre les autochtones et ce bon vivant  de 1 m 90 (très grand pour l'époque) pour la bagatelle de 120 kilogrammes !!!!
Pour la même raison, je ne l'ai jamais vu en photo à bord d'un pousse-pousse ou d'une chaise à porteur.

Chapitre 5

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 21:55
[Plutôt que de vous faire 36 000 discours, je préfère laisser la parole à mon grand père]

Cochinchine – 14 Octobre 1937


Ma petite chérie,

Ma carte a du vous parvenir il y a quelques jours et vous avez sans doute passé tout ce temps à vous ronger les sangs, vous demandant quelle nouvelle diablerie arrivait à votre aimé.

Je prends donc un peu de temps ce soir pour vous décrire l’aventure extraordinaire qu’il m’a été donné de vivre voici trois jours... Vous pourrez la lire et la relire encore, tant vous en perdrez vous aussi le souffle !



Il y a trois jours, alors que je commençais ma deuxième semaine près de Ben Tre dans un petit village de pêcheurs au bord du Mé-kong, j’abandonnai mes hôtes pour aller voir le soleil décroître sur le fleuve. Drôle d’idée me direz vous, alors que la pluie chaude et lourde n’avait cessé de la journée et s’abattait encore sur mes vêtements quand j’arpentais les sentiers le long de la rive. Certes. Mais vous connaissez votre Juan Olaf et vous savez combien ces promenades sont salutaires à mon équilibre et combien elles nourrissent ma réflexion. Je longeai donc les eaux grises du Mé-kong lorsqu’il me sembla percevoir comme un frôlement à la surface de l’eau. Je me tournai dans cette direction et ne put d’abord croire  ce que je voyais. Je fermai les yeux, me frottai le visage, me tapotai les joues puis rouvris les paupières pour vérifier qu’il était toujours là. Je dus bien admettre alors que mes sens ne se jouaient pas de moi. Non, ma toute belle, il était bien là, devant moi, le dragon Lung, son corps de serpent dansant et ondulant sur les flots comme une sirène.

 

Bocal de bébé dragon
Nous étions à l’heure où le soleil couchant n’illumine pas encore le ciel de couleurs de feu. Non, à cet instant, le ciel et le fleuve se confondaient l’un et l’autre dans une brume grise et opaque. Et le long corps rouge-sang se détachait sur le brouillard comme une flamme. Quelle merveille ! Quelle extraordinaire créature ! Voyez-vous, après pourtant de nombreux voyages, je m’émerveille encore de ce que la nature nous réserve...

Je l’ai suivi des yeux sans jamais ciller, puis, lorsqu’il plongea son cou dans le fleuve et disparut tout entier dans l’eau, je revins sur mes pas. Je dus paraître étrange à mes hôtes et sans doute ont-ils cru que j’étais parti m’enivrer en toute discrétion. Je refusai avec politesse le repas qu’ils m’offrirent et regagnai ma chambre sans souper. A aucun moment, même durant les jours qui suivirent, je n’évoquai le dragon avec eux. L’aurais-je du ? Je ne peux croire qu’une telle créature habite les eaux de pêche et de baignade de ce village sans qu’aucun de ses habitants ne l’ait jamais apercu. C’est tout bonnement incroyable, n’est-ce pas ? Je suis convaincu que mes hôtes,  ces gens sages et modestes, connaissent depuis toujours l’existence de cet animal et même, qu’ils le vénèrent comme un dieu protecteur à qui ils ont offert leur silence.

Ce serait donc un crime de ma part que de les obliger à trahir leur secret et je continuerai à leur offrir le visage de la naïveté. En viendraient-ils à me conter l’existence du dragon que je feindrais la surprise. Vous savez, cet étonnement ébahi qui peut parfois envahir mes traits, comme lorsque je vous revois après l’une de mes longues, si longues absences, quand je reste sans voix devant vous.

Portez vous bien, ma petite femme...


Votre Juan Olaf

 

Chapitre 4

 

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 22:03

Voici les quelques mots  que mon grand père écrivit à la va-vite à son arrivé en Orient  :


Ma petite chérie,

Quel dommage que vous ne puissiez voir ce que je vois au délà des brumes du fleuve Mékong!
Ô ma douceur, est-il possible que le temps puisse un jour effacer un tel émerveillement? Je le vois, là, devant moi, celui que j'étais venu chercher.
Mes habits adhèrent à mon corps comme une seconde peau, lourde et humide.
Et à travers la sueur qui mouille mon visage, je crois bien qu'il y a des larmes...

Votre Juan Olaf


Cette carte date du 23 décembre 1937 et a dû par conséquent se perdre pendant de longs mois avant de partir enfin de Dai Ngai en Cochinchine pour le centre de la France. Ces quelques phrases nous donnent une indication sur la fièvre exploratrice qui traversait le comte Van Der Bilout mais pas sur l'objet de cette fièvre: la quête hypothètique des traces des légendaires dragons d'Asie...

Bien sûr, il y avait cet article du Progrès [date inconnue] ainsi que certains fossiles, et autres reliques conservés religieusement à l'Institut Océanographique de Nha-Trang, mais aucune preuve tangible de l'existence de ces fameux dragons...encore moins de témoignages fiables et récents.
Il fallait pour mon grand père infirmer ou confirmer de manière scientifique et définitive que toutes ces légendes pouvaient être le fruit de la réalité.

                
Fossile de bébé dragon (origine inconnue)         

Or, dans une lettre datée du  14 Octobre 1937, mon grand père écrit :

[...] Je longeai donc les eaux grises du Mé-kong lorsqu’il me sembla percevoir comme un frôlement à la surface de l’eau. Je me tournai dans cette direction et ne put d’abord croire  ce que je voyais. Je fermai les yeux, me frottai le visage, me tapotai les joues puis rouvris les paupières pour vérifier qu’il était toujours là. Je dus bien admettre alors que mes sens ne se jouaient pas de moi. Non, ma toute belle, il était bien là, devant moi, le dragon Lung, son corps de serpent dansant et ondulant sur les flots comme une sirène.
Nous étions à l’heure où le soleil couchant n’illumine pas encore le ciel de couleurs de feu. Non, à cet instant, le ciel et le fleuve se confondaient l’un et l’autre dans une brume grise et opaque. Et le long corps rouge-sang se détachait sur le brouillard comme une flamme. Quelle merveille ! Quelle extraordinaire créature ! Voyez-vous, après pourtant de nombreux voyages, je m’émerveille encore de ce que la nature nous réserve... [...]


Alors bien sûr, vous allez me dire que tout ça ne fait pas des preuves tangibles et irréfutables. Et vous avez raison...

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Qui est Juan Olaf ?


"Quand j’étais petit et qu’on se moquait continuellement de moi et de mon prénom, ma maman m’a dit que je devais être fier de porter le nom du plus fameux (et pourtant le plus méconnu) aventurier et explorateur que la France ait connue : le comte Juan Olaf Van Der Bilout. Celui qui a redécouvert l’Amérique; l’ami de l’homme le plus grand du monde et du roi le plus petit de l’Europe centrale du Sud-est ; le seul être humain à connaître la langue des extras terrestres.
Alors j’ai grandi content ; jusqu’au jour où j’ai reçu une vieille clé de hangar en héritage..."

Juanitó Van Der Bilout 
(petit fils et héritier du célèbre explorateur)

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