Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 19:31
Lors de sa première expédition dans des terres lointaines, mon grand-père rapporta quelques fausses têtes réduites. Sa plaisanterie préférée était de faire croire à ses visiteurs qu'il s'agissait de véritables tsantzas renfermant l'âme vengeresse d'un homme assassiné. Ma mère raconte que cela lui a permis plus d'une fois de mettre fin aux visites importunes...

 

Dans un des coffres...Amazonie équatoriale (trop loin de vous) 25 Juillet 1927
 

Ma petite femme,

 
 

Quelles splendeurs que ces contrées perdues au centre du globe ! Jamais à part dans vos yeux je n’avais vu d’aussi beaux paysages.… La forêt est riche de milliers de verts différents et les fleurs qui débordent des arbres ressemblent à des araignées, belles et inquiétantes.

 
 

Ces derniers jours, nous avons descendu le fleuve de plusieurs kilomètres et nous nous sommes enfoncés un peu plus en avant dans la forêt. Nous n’avions pas marché plus d’une heure que nous tombions déjà sur un village jivaro !...

 
 

Le village s’ouvrait en cercle autour d’une place de sable. Devant les huttes étaient disposés des tables et sur les tables, de petites têtes aux yeux et à la bouche cousus de grosse ficelle. Des tsantzas! Des hommes se tenaient près de chaque table, la tête ceinte de plumes rouges et jaunes et le visage zébré de lignes et de dessins. Nous comprimes bien vite que ces têtes étaient à vendre et vous pouvez me croire, à un prix exorbitant ! Le discours du shaman sur les rituels de guérison avait son prix, lui aussi, et le prix augmentait selon la profondeur de la transe!

 
 

Vous devez prendre ces hommes pour des fous, ma mie, des fous et des exploiteurs. Pourtant, je vous assure, moi, que ce sont les êtres les plus intelligents que j’ai rencontrés. Ils n’ont pas mis longtemps à comprendre qu’ils pouvaient tirer partie de la venue dans leur forêt de curieux fortunés qui les toisent de toute leur supériorité d’hommes civilisés ! Alors ils ont eu une idée de génie : sachant que les vagues d’invasions successives des siècles passés leur ont bâti une réputation de guerriers farouches, ils ont décidé de retourner la situation à leur avantage : conforter les touristes crédules dans leurs opinions réductrices tout en leur soutirant de l’’argent… Cela n’est-il pas ingénieux ?

 
 

Les hommes abandonnent ce village à la tombée du jour et rejoignent leurs vraies huttes, un peu plus loin dans la forêt, suffisamment profond pour dissuader les curieux. C’est là qu’ils nous ont invités à nous reposer quelques jours. A notre départ, ils nous ont offert de fausses tsantzas, modelées dans l’argile. Celles ci n’emprisonnent pas l’âme vengeresse d’un ennemi sauvagement abattu : elles fixent dans la terre les grimaces que font pour s’amuser les enfants du village.

 

Mon épopée en Amazonie touche à sa fin ; je serai bientôt de retour, ma toute douce, et pourrai vous serrer dans mes bras. Il me tarde de voir si votre ventre tient encore dans votre robe et si votre cœur bat toujours un peu plus fort quand je suis là.

 


Votre Juan Olaf



Voici quelques échantillons de ces têtes qui ont parfois semer le trouble dans le quartier :

tête de vieux

crête

bouche cousue
Repost 0
Published by Juan Olaf Van Der Bilout - dans Tetes reduites
commenter cet article
14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 21:02

Flüsse  Identité :   Schwanz Flüsse

 

  Date de la perte:   14 avril 1961

 

  Circonstances de la perte :

« je venais d’être élu roi de la rouflaquette par ma bande alors j’avais bien arrosé ça avec mes potes. Pour faire le malin, j’étais monté sur l’estrade de la salle des fêtes pour chanter du rockabilly. Mon jeu de jambes était au top, j’avais l’impression d’être une star internationale, j’entendais crier mon nom. Alors, je me suis relevé pour saluer la foule et j’ai pris le micro dans l’œil. C’est là que j’ai perdu la tête. Elle a roulé jusque sous la jupe d’ Hyldegaard la plus jolie fille du coin.»

NB: La tête de Schwanz Flüsse a été offerte à la F.F.B.P.S.R (Fondation Françoise et Bernard Perraud pour la Sauvergarde de la Rouflaquette)

  (Pour comprendre son histoire, cliquez ici)

Repost 0
Published by Juan Olaf Van Der Bilout - dans ceux qui perdent la tête
commenter cet article
14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 21:00

commissaire

Identité : Commissaire Haartshlagson

 
Date de la perte: 17 octobre 1955

 

Circonstances de la perte : 

"Ca faisait trois mois qu’on était sur la piste d’un gang. Ils avaient raflé pas mal et on était sur les dents. Ce matin là, un peu avant le lever du jour, on avait réussi à mettre la main sur le cerveau : un grand type maigre qu’avait dû perdre pas mal de têtes dans sa vie. Ça se voyait, il avait pas l’air decker. Mes gars et moi on l’a emmené dans la salle d’interrogatoire et on a commencé à le cuisiner. C’est moi qui menait la danse. Lui, il répondait tout le temps en souriant, l’air de nous raconter des bobards. A un moment, ca m’a chauffé, je lui ai demandé si il allait se payer ma tête encore longtemps. Je me suis levé, les poings appuyés sur la table. C’est là que je l’ai perdue. Ma cigarette a continué à se consumer pendant quelques minutes."

(Pour comprendre son histoire, cliquez ici)

Repost 0
Published by Juan Olaf Van Der Bilout - dans ceux qui perdent la tête
commenter cet article
14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 20:55

 

Arnaldur

Identité : Arnaldur Van Koenigson,
fils du chef du village

 

 Date de la perte: 2 juillet 1968

 

Circonstances de la perte :

 

"Je venais d’avoir mes 17 ans et j’en avais marre qu’on me prenne pas au sérieux. A la télé, j’avais vu une émission du continent sur les jeunes qui criaient « Ni dieu ni maître » et d’autres trucs dans ce style. J’étais en totale admiration. Ça c’était du vrai courage, c’est sûr qu’ils se laissaient pas marcher sur les pieds, ces mecs là ! Alors, j’ai rasé mes cheveux sur les 2 côtés de la tête et je me suis rentré une épingle à nourrice de ma mère dans l’oreille. Aïe, ça faisait mal, j’ai pris un anti inflammatoire pour qu’il n’y ait pas d’infection. Là, mon père est entré dans la salle de bain et il m’a demandé si j’en avais encore pour longtemps. Je me suis retourné, j’étais hyper nerveux. J’ai levé un doigt en l’air en direction de mon père et j’ai hurlé de toutes mes forces : « Fuck the society !!!! » C’est là que j’ai perdu la tête. C’est mon père qui l’a récupérée dans l’évier. "

  (Pour comprendre son histoire, cliquez ici)

Repost 0
Published by Juan Olaf Van Der Bilout - dans ceux qui perdent la tête
commenter cet article
14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 20:29

Au large de TrondheimVoici ce que j'ai découvert en fouillant dans les affaires de mon illustre grand père: deux lettres de 1969 pour ce qui devait être sa dernière expédition.

Trondheim – Norvège – 8 Mai 1969

Ma douce amie,

Jamais je n’aurais cru qu’une telle surprise fût encore possible ! Alors que s’achève mon périple dans les terres isolées du nord de la Norvège, ultime expédition loin de vous et de notre doux foyer, j’apprends qu’il existerait au large de Trondheim une île peuplée de tout petits êtres humains, des hommes pas plus hauts que trois pommes.

Et malgré les douleurs qui traversent mon corps fatigué, malgré mon désir de vous retrouver enfin, je vais vous demander de faire taire votre impatience quelques jours de plus. Pardonnez moi, ma tendre et douce, vous connaissez ma curiosité : Je ne peux résister à l’’appel silencieux de ce petit peuple. Mais soyez sûre que je vous tiendrai informée au plus vite de mes découvertes. Ayez une pensée pour cet incorrigible aventurier qu’est votre vieil amoureux.

Votre Juan Olaf

 

 

 

 


Quelque part près d’Oostende – chemin du retour –22 Mai 1969

Ma Mie, ma petite femme lointaine,

Je n’en reviens pas ! Ils existent bel et bien ! Alors que les hommes du XX° Siècle ont la prétention de croire qu’ils ont tout découvert et qu’il n’existe de part le vaste monde plus aucun mystère, moi, Juan Olaf Van Der Bilout, explorateur de l’impossible et élu de votre cœur, je viens de croiser la route des humains les plus petits qui soit : trois grosses pommes, pas un centimètre de plus ! Ah, ma tendre amie, comme j’aimerais que vous eussiez pu partager avec moi ces moments inoubliables ! Je vous livre aujourd’hui quelques secrets de leur île... mais surtout, prudence ! Vous devrez être de la plus grande discrétion car je leur ai fait le serment de ne jamais trahir le secret de leur existence… Car qu’adviendrait-il dans notre monde d’individus aussi vulnérables?

Ces habitants ne sont pas seulement tout petits. Ils sont aussi jovials et drôles, sincères et d’un respect absolu. Imaginez un peu : point de livres de lois ni de code de bonne conduite dans leur société ; les tout petits hommes naissent solidaires et fraternels. Que dites vous de cela ? Je sais combien de tels propos vous toucheront car je connais votre foi en la bonté des hommes.

De plus, chose incroyable, ces humains miniatures sont dotés d’un garde fou absolu contre les dérapages dans lesquels tombent habituellement les hommes : ils perdent la tête !... Je sais que cela est difficile à croire mais lorsque ces petits individus se laissent aller à trop d’hilarité, trop d’emphase, de vanité ou de colère, bref, lorsqu’ils arrivent au seuil de la folie, leur tête tombe par terre en une seconde ! J’imagine à quel point mes propos vous étonnent, vous si raisonnable, mais je puis vous assurer que c’est là l’entière vérité. J’ai vu de mes yeux leurs petites têtes perdues accrochées à leur mur au dessus de leur cheminée. Mais quel impardonnable idiot je suis ! Je ne vous conte que la moitié des faits ! Vous devez croire que ces pauvres êtres sont privés à jamais de leur tête et devez imaginer le pire pour leur pauvre existence… Rassurez vous, ma mie, cela ne dure pas. S’ils perdent la tête, c’est parce qu’elle est désormais infestée de délires. Il leur en pousse une nouvelle en quelques semaines, plus sage et absolument saine. Alors, ils accrochent la tête qu’ils ont perdue chez eux, bien en évidence, pour se prémunir contre de nouveaux accès de folie. Ils ne sont pas fiers, les pauvres, d’en arriver là, vous pouvez me croire. La période durant laquelle ils attendent la repousse totale de leur tête est un calvaire : ils vivent sous les quolibets, mettent des heures à manger à leur faim, ne peuvent plus porter ni lunettes ni bonnet...

Ils ont eu la bonté de me raconter certaines de leurs histoire et m’ont fait cadeau de quelques exemplaires de têtes perdues que je rapporte dans ma malle en toute discrétion, tels des objets de contrebande. De toutes petites têtes perdues, pétrifiées dans l’expression du délire et de la folie...… N’est-ce pas incroyable et merveilleux ?

Je reviens à vive allure, mon aimée. Je me rapproche chaque jour un peu plus de vous et de ce repos que nous allons vivre ensemble désormais. Une retraite près de vous : ce sera, j’en suis sûr, ma plus belle aventure !

Votre Juan Olaf

Repost 0
Published by Juan Olaf Van Der Bilout - dans ceux qui perdent la tête
commenter cet article
1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 17:30

photo-d-identitéVoici la première image de mon ancêtre. Le célèbre Juan Olaf Van Der Bilout - explorateur et aventurier. Je crois que cette photo à été prise dans les environs de Candadjako en Mozambalie intérieure. Ma grand mère m'a expliqué récemment que ce sourire crispé était dû à une tourista aigüe.

Repost 0
Published by Juan Olaf Van Der Bilout
commenter cet article

Qui est Juan Olaf ?


"Quand j’étais petit et qu’on se moquait continuellement de moi et de mon prénom, ma maman m’a dit que je devais être fier de porter le nom du plus fameux (et pourtant le plus méconnu) aventurier et explorateur que la France ait connue : le comte Juan Olaf Van Der Bilout. Celui qui a redécouvert l’Amérique; l’ami de l’homme le plus grand du monde et du roi le plus petit de l’Europe centrale du Sud-est ; le seul être humain à connaître la langue des extras terrestres.
Alors j’ai grandi content ; jusqu’au jour où j’ai reçu une vieille clé de hangar en héritage..."

Juanitó Van Der Bilout 
(petit fils et héritier du célèbre explorateur)

................

Toutes les oeuvres présentes sur ce site appartiennent exclusivement à l'auteur (sauf mention contraire) aux termes des articles L111-1 et L112-1 du code de la propriété intellectuelle.
Toute reproduction, diffusion publique, usage commercial sont par conséquent interdit sans autorisation du titulaire des droits.



Archives